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Gestion de fortune: le client américain veut délocaliser ses avoirs

Gestion de fortune: le client américain veut délocaliser ses avoirs
Gestion de fortune: le client américain veut délocaliser ses avoirs

Les difficultés d’accès aux marchés étrangers et les thématiques structurelles pourraient favoriser les gérants de patrimoine suisses.

Du point de vue d’un investisseur résidant aux États-Unis, tout semble être fait pour dissuader celui-ci d’acheter des titres européens ( et internationaux, par extension ). Leur accès implique souvent un risque de change et des coûts logistiques que même le besoin de diversification régionale ne justifie pas. Ces obstacles peuvent néanmoins représenter une opportunité pour les gestionnaires de patrimoine étrangers, dont les acteurs suisses. D’autant que l’appétit pour les titres européens fut rarement aussi palpable aux États-Unis.

Certes, le biais local reste très caractéristique du marché américain de la gestion de fortune. D’abord pour des questions fondamentales: le S&P 500 a un taux de croissance annuel composé de près de 12 % sur les 20 dernières années (à fin décembre 2024). Contre moins de 8 % pour le Stoxx Europe 600. Voilà pour l’historique des performances. Toutefois, la cherté du marché des actifs risqués américain stimule la demande pour des solutions de diversification régionale.

Ne plus priver les clients US des opportunités européennes

Ainsi, le Vanguard Total International Stock Index Fund (VTIAX) est en hausse de plus de 5 % depuis le début de l’année (au 3 mars 2025). Autrement dit, près de cinq fois la performance du S&P 500 sur cette période. « Actuellement, environ deux tiers du portefeuille se trouvent aux États-Unis et un tiers à l’extérieur. Mais nous pouvons voir le ratio évoluer vers cinquante-cinquante », explique Vitaliy Katsenelson, CEO d’Investment Management Associates (IMA), une société de conseil en gestion de patrimoine basée à Denver.

Dans une note publiée sur la plateforme d’information VettaFi, spécialisée dans la recherche des données pour les conseillers en investissement, Vitaliy Katsenelson explique qu’il ne peut plus priver ses clients des opportunités que présentent actuellement l’Europe et les actions étrangères en général. « Historiquement, les rendements qui ont suivi des valorisations aussi élevées ont été au mieux médiocres », souligne Vitaliy Katsenelson en référence au marché américain. « J’ai écrit deux livres sur ce sujet. Le prix que vous payez pour une entreprise, même si elle est excellente, est important, car c’est l’un des principaux facteurs qui déterminent vos rendements futurs. »

Néanmoins, le conseiller souligne également que cette rotation vers les actions internationales a un coût. Et que ce coût n’est pas toujours de nature explicitement économique. « Oui, les actions étrangères sont un gros casse-tête pour l’équipe IMA », confie Vitaliy Katsenelson. « Les marchés européens ouvrent sept à huit heures plus tôt que les nôtres; le Japon a 16 heures d’avance. Nous devons donc passer des ordres tôt le matin, parfois au milieu de la nuit », poursuit-il.

ESG, un phénomène éminemment européen

Il précise que le système de trading qu’utilise IMA n’est pas relié aux bourses étrangères. Par conséquent, le trading est beaucoup plus difficile et prend plus de temps. « Les actions étrangères ont plusieurs tickers, ce qui déroute constamment nos clients», constate Vitaliy Katsenelson. De plus, tandis que le trading d’actions locales ne comporte aucune commission, il est aisé d’accumuler une position de façon graduelle, par petits incréments.

« Mais les courtiers facturent des commissions sur les actions étrangères, nous devons donc être attentifs à la manière dont nous accumulons ou vendons une action », explique le CEO d’IMA. « Dans un monde idéal, nous souhaiterions avoir un portefeuille composé uniquement d’entreprises américaines. Non pas parce que nous sommes patriotes, mais parce que notre vie à l’IMA serait tellement plus facile », persifle le conseiller américain.

Or rendre la vie plus facile pour le client américain est ce à quoi est censée aboutir l’expertise d’un gestionnaire d’investissement européen. Celui-ci a l’avantage de la profondeur, par sa spécialisation dans des marchés ou des secteurs européens spécifiques auxquels un gestionnaire américain généraliste n’a pas nécessairement accès. Le secteur des fonds durables en est une illustration parmi d’autres.

Les gérants européens opérant aux États-Unis peuvent en effet tirer parti de leur connaissance fine des conditions cadres de la finance durable en Europe (« Pacte Vert pour l’Europe », « Plan d’Action pour la Finance Durable », « Règlement sur la Publication d’Informations Financières Durables »…). Ces managers peuvent être avantagés dans l’interprétation des critères de durabilité et, ainsi, identifier les entreprises les mieux positionnées à cet égard.

Certes, la part des États-Unis dans les actifs mondiaux des fonds durables est passée d’un niveau de 15 % en 2018 à seulement 11 % à fin 2024, d’après les chiffres de Morningstar. Il n’en demeure pas moins qu’une frange importante des familles fortunées américaines demeurent sensibles aux enjeux de durabilité. Or 84 % des actifs des fonds durables sont gérés en Europe, le leader mondial pour cette catégorie de fonds.

L’image et la réputation peuvent faire la différence

L’optimisation fiscale peut également constituer un axe de développement important pour les gestionnaires de patrimoine européen. Le rapport The Deloitte International Wealth Management Centre Ranking 2024 montre que la part des actifs gérés dans un lieu distinct de celui où le propriétaire est domicilié a reculé à 3,7 % en 2023 contre un niveau de 5,3 % en 2013.

« Une explication possible est que les personnes fortunées et leurs familles peuvent être moins motivées à transférer leurs actifs vers un lieu international dans le seul but de réduire leurs obligations fiscales globales, car l’écart de niveau d’imposition entre le pays d’origine et l’étranger se réduit », écrivent les consultants de Deloitte. « En conséquence, les gestionnaires de patrimoine axés sur les clients internationaux doivent constamment adapter leurs stratégies de mise sur le marché, de produits et de centres de réservation », poursuivent-ils.

Enfin, malgré les importants atouts dont sont dotés les gérants de fortune et les banques privées suisses, le principal défi réside dans l’image ou la réputation. La mise en avant du régime fiscal suisse, la stabilité politique et économique du pays, voire l’expertise des gérants eux-mêmes peuvent ne plus suffire pour attirer une clientèle américaine qui pourrait toujours avoir en mémoire la chute du Crédit Suisse. Ou, en 2008, l’implication d’UBS dans la crise mondiale des subprimes.

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La digitalisation attendue des produits structurés

Lien vers un autre article de la série "Les Coulisses des Marchés"

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